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mercredi 19 octobre 2016

Ouverture des négociations sur les salaires


Les traditionnelles NAO (Négociations Annuelles Obligatoires) sont ouvertes depuis ce mardi, et la première réunion est toujours l’occasion de dresser un constat sur les évolutions salariales de l’an passé.

Le bilan est sans appel : 2016 aura été l’année d’un serrage de ceinture sans précédents depuis 6 ans. Pour résumer :
En 2016, seul 45% des salariés ont touché une augmentation moyenne de 63€.



 Évolution des augmentations de salaires

Le graphique ci-dessous illustre l'évolution des enveloppes consacrées aux augmentations au fil des ans et permet de situer le "cru" 2016, le pire qu'on puisse trouver dans nos archives :


On peut seulement atténuer ce constat en précisant qu'il vaut mieux être augmenté de 1% en 2016 avec une inflation quasi nulle, que de 1% en 2011, alors que l'inflation était de 2% (source).

 

Comment partager un si petit gâteau?

Le bilan présenté par la Direction permet de comprendre comment elle a répartie cette maigre enveloppe :  pour éviter le saupoudrage de petites augmentations, le montant moyen est resté quasi inchangé (63€), mais le nombre de salariés augmentés a très fortement diminué :


En 2016, seul 44% des salariés euro engineering a bénéficié d’une augmentation de salaire, un niveau historiquement bas !

Maigre consolation : les hauts salaires participent pour une fois à la disette générale, puisque qu’aucun des 9 salariés les plus hauts placés n’a été augmentés cette année (cela dit, les années précédentes les avaient plutôt gâtés, comme nous avions pu le constater dans l’analyse du bilan social disponible sur le site du CE).
Autre conséquence logique d’une situation économique morose : le montant des rémunérations variables principalement versées aux fonctions commerciales baisse fortement.

 

Et maintenant ?

Nous avons posé de nombreuses questions pour clarifier certains des chiffres présentés par la Direction et obtenir des informations manquantes.

Nous porterons prochainement à votre connaissance nos revendications portant sur les salaires, mais aussi sur les avantages annexes, le temps partiel, et l’ensemble des sujets compris dans le champ des NAO et sur lesquels nous souhaitons voir des évolutions.


La suite et la fin des négociations sont prévus après 2 réunions se tenant au mois de novembre. Restez informé et n'hésitez pas à nous faire part de vos remarques et idées.

mercredi 12 octobre 2016

Cantines clients et titres restaurants

Après un mois sans nouvelle des négociations sur les déplacements, certains pourraient croire que les négociation n'avancent pas.

Il n'en ai rien, et durant cette période nous n'avons pas ménagé notre peine pour continuer à être force de proposition, rejeter un premier projet proposé par la Direction, et faire des propositions pour permettre des avancées sur les nombreux sujets mis sur la table.

Parmi ces sujets, nous allons aujourd'hui revenir sur nos demandes relatives à la carte restaurant et aux repas en cantine client.
 

Rappel des faits

Cela fait maintenant 2 ans que les paniers repas ont été supprimés chez euro engineering pour les salariés en mission, suite notamment à un revirement de doctrine de l'URSAFF que nous évoquions déjà en 2014, qui a depuis été confirmé par :
  • 2 jugements à l'encontre des sociétés ALTRAN et de TALEN,
  • la publication d'une circulaire URSAFF à l'été 2015 dédiée aux sociétés d'ingénierie et SSII qui enterre le principe des paniers repas en expliquant que:
(...) le régime social des frais de repas des salariés en mission dans l’entreprise cliente est (...) celui applicable aux salariés sédentaires.
L'URSAFF laisse ouverte quelques possibilités de maintenir le principe du panier, mais dans des conditions telles que la complexité de gestion engendrée rend ces solutions difficiles à mettre en œuvre.

Notre position

Si nous pouvions entendre les arguments de risque de redressement avancé par la Direction, nous avions aussi mis en avant les inconvénients engendrés par l'utilisation de la carte pour certains salariés, et demandé que la Direction mette en place des campagnes régulières de rematérialisation pour faciliter l'écoulement des titres restaurants, ce qui a été fait.

Par contre, et contrairement aux autres organisations syndicales, nous ne défendons par le retour aux paniers repas, compte-tenu des raisons invoquées précédemment.


Pour faciliter la transition, nous vous avons régulièrement informé des spécificités de la réglementation relative aux titres restaurants, comme en témoignent nos nombreux articles sur le sujet. 


Le problème des cantines client



Pendant des mois, nous nous sommes efforcés de travailler à identifier les cantines clients qui refusent la carte pour tenter de les convaincre de changer leurs pratiques. Nous avons connus certains succès mais aujourd’hui, force est de constater qu’encore près de la moitié des cantines refusent toujours les titres restaurant. Les salariés sont alors particulièrement pénalisés puisqu’ils n’ont d’autres choix soit :

  • de manger à l’extérieur, augmentant ainsi leur temps de pose et se privant d’un moment de contact privilégié avec leur client 
  • de manger dans la cantine client sans pouvoir utiliser leurs titres restaurants, qu’ils sont alors en difficulté d’écouler.

Nous avons donc demandé que pour ces cas particuliers, la Direction autorise le remboursement des frais de repas sur note de frais, une solution admise par l’URSAFF.

La prise en charge serait plafonnée au montant de la part employeur sur les titres restaurants.

Cette demande est aujourd’hui acceptée, et même si la solution proposée par la Direction ne nous satisfait pas encore totalement, nous avons bon espoir d’aboutir positivement sur ce sujet. 

La rematérialisation

Nous avons également conditionné toute signature d'accord au maintien du principe de rematérialisation. 

En effet, faute d'accord, la rematérialisation peut-être remise en cause à tout moment par la Direction. 

Même si celle-ci n'est utilisée que par une petite portion de salariés (moins de 20%), nous jugeons important qu'elle soit pérennisée.

mardi 27 septembre 2016

La CFDT lance la plus grande enquête jamais réalisée sur le travail

Il occupe un tiers de nos vies mais qui sait ce qu’il signifie pour chacun de nous et comment nous le vivons ?

Pour le savoir, la CFDT, en partenariat avec le journal Libération et le site Viadeo, lance la plus grande enquête interactive sur le travail jamais réalisée en France. L’objectif : collecter des dizaines de milliers de réponses afin de redonner de la voix aux travailleurs dans le débat public.

L’enquête, accessible sur parlonstravail.fr, c’est un questionnaire en ligne ouvert à tous ceux qui ont un avis sur le travail : salariés du privé ou de la fonction publique, intérimaires, autoentrepreneurs, étudiants, stagiaires, demandeurs d’emploi, retraités...

Ce questionnaire interroge 25 grands thèmes (collègues, temps passé au travail, relations avec la hiérarchie, dangers, fatigue, rêves, ambitions…) à l’aide d’un dispositif inédit.

Un dispositif d’enquête inédit


Dans le monde des statistiques, cet outil est complètement nouveau : aucune enquête,
aucun sondage, aucune étude n’a jamais permis de faire s’exprimer autant de personnes.

De plus, contrairement aux enquêtes traditionnelles qui se font à partir d’un échantillon représentatif de population, on ne sait rien des personnes qui vont se connecter. L’enquête emploie un ton différent des autres études sur le travail (Dares, Insee…) avec des questions plus audacieuses et plus complices, dont l’objectif est de recueillir la parole la plus spontanée possible.

Enfin, les résultats s’affichent en temps réel avec les réponses des autres internautes. Là encore, les participants peuvent se situer, se comparer et découvrir qu’ils font partie d’un collectif.



Pour quelle utilité?


Au terme de l’enquête, les données collectées seront analysées puis restituées, en mars 2017. Les résultats permettront de mesurer les angoisses, les attentes, les peurs, les envies, les espoirs et les désirs des Français au travail. Ils aideront à trouver de nouveaux consensus, dégager des vérités, imaginer le monde du travail de demain en confrontant le tout aux besoins et aux nécessités du pays. Surtout, l’enquête doit servir de boussole pour enrichir les propositions de la CFDT sur le travail dans le débat politique à la veille de l’élection présidentielle.

Près à participer?

Installez-vous confortablement, prenez un bon café, et cliquez sur :

jeudi 15 septembre 2016

Négo déplacement : 4ème réunion

Une question se posait à l'ouverture de cette réunion, qui s'est tenue le 6 septembre : notre courrier du mois d'aout aura-il permis de faire revenir la direction à la raison et d'éviter le pire?

La réponse est positive, puisque la Direction a clairement renoncé à sa proposition initiale en répondant à 2 de nos principales préoccupations développées dans notre courrier :
  • l'abandon d'une Indemnité Kilométrique (IK) fixée par palier, dont nous dénoncions l'absurdité
  • une réévaluation conséquente du montant de l'IK, qui passe de moins de 10 c€/km dans la proposition du mois de juillet à 35 c€/km
Certains diront que c'est une stratégie classique de la négociation qui
consiste à menacer du pire pour faire ensuite avaler des couleuvres. Nous ne sommes évidement pas dupe, et il était clair que la proposition de départ serait revue à la hausse. On pouvait même en prédire le montant sachant que chez Modis (pour rappel, Modis est une société "sœur" d'euro engineering dans le groupe Adecco :  à nous l'ingénierie, à eux l'informatique et les télécommunications), une refonte récente de leur régime d'indemnisation de frais avait conduit à adopter un barème allant de 20 à 25 c€/km.

Notre DRH, qui est également à la tête des RH de Modis, renonce donc à adopter un régime de frais copié/collé de celui en vigueur chez Modis, qui chez nous aurait inévitablement conduit à un "clash".

Cependant, même réévalué, le montant de l'IK (35 c€/km) reste toujours inférieur à nos attentes (nous avions obtenus 40c€/km dans l'accord signé en 2011) et ne nous permet pas d'envisager une issue positive des négociations sur ce point, ni d'évacuer complétement l'idée d'une mobilisation. Vos retours nous sont d'ailleurs précieux pour évaluer la position a adopter.

Clarification des règles entourant l'attribution de l'IK

Les négociations ne se limitaient pas à ce point, et nous avons durant la réunion demandé et obtenu plusieurs améliorations relatives notamment à la clarification des règles relatives à l'attribution de l'IK, dont plusieurs salariés étaient jusqu'ici écartés au prétexte qu'ils pouvaient utiliser les transports en commun. Nous avons demandé que l'IK soit systématiquement proposée dès lors que :
  • la durée du transport en commun dépasse :
    • 1h en province (la Direction souhaitait 1h30)
    • 1h30 en IdF
  • ET que le gain engendré par l'utilisation de la voiture dépasse 30 minutes.
Des conditions qui permettraient de régler positivement un certain nombres de contentieux dont nous avions eu connaissance à Tours, Lyon ou Toulouse.

Compensation des longs temps de trajet

C'était également une demande importante exprimée dans notre courrier : nous jugions insuffisantes les conditions d'attribution de cette compensation.
Elles sont maintenant revues et permettent d'envisager le gain d'une journée de congé supplémentaire ou d'une "prime" d'un montant équivalent à quelques centaines d'euro par an pour les salariés en petits déplacements exposés à de long trajets (plus d'une heure en province, d'une heure 20 minutes en IdF).

Point bloquant pour nous, rien n'est actuellement prévu pour les salariés en Grands Déplacements, qui sont pourtant particulièrement concernés par ces contraintes de longs temps de trajets.

Pour conclure


Nous avons encore de nombreuses propositions à porter concernant par exemple les repas et la carte restaurant.

Les négociations sont cependant pour le moment interrompues et aucune nouvelle date n'est fixée.

Nous attendons maintenant de la Direction qu'elle détaille plus précisément les mesures envisagées (chaque mot étant important sur ce type de texte) et recherchons tous les leviers pour continuer a améliorer les règles qui seront adoptées.

lundi 5 septembre 2016

Négo déplacement : courrier adressé à la Direction


Dans la quiétude du mois d'aout, nous avons tenu à préparer la rentrée en couchant noir sur blanc, dans un courrier adressé à la Direction, nos réactions suite à la dernière réunion de négociation sur les déplacements du mois de juillet.

Vous en trouverez donc le contenu dans cet article.

La prochaine réunion de négociation est prévue demain, mardi 6 septembre. Restez à l'écoute, et parlez-en à vos collègues. Pour toute question, n'hésitez pas à contacter vos représentants les plus proches, ou à nous écrire.

Destinataires :
  • Direction Générale d’euro engineering,
  • Direction des Ressources Humaines.
Copie adressée à la fédération Cfdt F3C

Mme, M. ,

Suite à la réunion de négociation du 12 juillet sur les déplacements, nous tenons par la présente à vous formaliser notre retour.

Tout d’abord, sur le contenu global de vos propositions: il s’agit d’un recul inacceptable de nos conditions d’indemnisations des frais kilométriques. Il suffit pour l’illustrer de comparer les montants indemnisés jusqu’à présent avec ce que vous proposez aujourd’hui :

Nous vous rappelons que la convention collective SYNTEC exige que :
« Les déplacements hors lieu de travail habituel nécessités par le service ne doivent pas être pour le salarié l’occasion d’une charge supplémentaire » (article 50).
Elle précise également que :
« Le remboursement de ces frais tiendra compte de l’amortissement du véhicule, des frais de garage, de réparations et d’entretien, des frais d’assurances et, éventuellement, des impôts et taxes sur le véhicule » (article 60).

En l’état actuel de vos propositions, nous affirmons que ces dispositions ne sont pas respectées :
  • Votre proposition de ne couvrir que les frais de carburant est largement insuffisante pour couvrir les charges induites par l’utilisation d’un véhicule. Une étude (ADETEC, 2012) montre que les frais de carburant représentent moins d’un tiers du montant des frais induits par l’utilisation d’un véhicule. Le barème fiscal offre lui une grille qui tient compte notamment de la dépréciation du véhicule, des frais de réparation et d’entretien, des dépenses de pneumatiques, de la consommation de carburant et des primes d’assurances. Ce barème est d’ailleurs adopté chez quelques-uns des plus grands acteurs du secteur de l’ingénierie (,…). Il est aussi accepté par l’URSAFF, qui exonère de cotisations les remboursements effectués sur cette base. Aussi demandons-nous que le barème kilométrique fiscal serve de référence chez euro engineering.
  • Le principe d’une indemnité par palier est absurde, puisqu’il indemnise des frais très proches d’un montant qui peut varier du simple au double (par exemple, un salarié effectuant 19 km toucherait 2€, celui faisant 20 km toucherait le double). Nous demandons le rétablissement d’une indemnité kilométrique exprimée en €/km, puisque les couts d’utilisation sont bien proportionnels au nombre de kilomètres parcourus.
Sur la compensation des temps de trajet, nous estimons que votre proposition est très insuffisante pour respecter l’esprit de l’article L.3121-4 du Code du Travail, puisque la contrepartie proposée est dérisoire au regard des contraintes subies par les salariés exposés à des déplacements de longue durée. Nous demandons un geste significatif sur les 2 « curseurs » impactant le calcul de la compensation, à savoir :
  • le temps à partir duquel on démarre le calcul de la contrepartie,
  • le niveau de cette contrepartie.
Les salariés en mission constituent le cœur de notre outil productif, nous vous avertissons donc sur les risques que pourrait courir l’entreprise si elle ne considérait pas avec la plus grande attention leurs conditions de déplacement, souvent difficiles, et sur le sentiment de révolte légitime qui pourrait s’emparer des salariés lésés par les nouvelles conditions que vous proposez.

Nous espérons donc pouvoir étudier avec vous, dès la réunion prévue le 6 septembre, des conditions de déplacement plus décentes.

Dans cette attente, veuillez agréer nos sincères salutations.